Flash Info

Mise à jour des recommandations de l'ANSM concernant les modalités de prescription de la CLOZAPINE                   avec un assouplissement des modalités de surveillance!

Revue Bibliographique

  

Mc Ardle R, Alcock L, Hunter H, Galna B, Godfrey A, Lawson RA, et al. A prospective analysis of falls in Parkinson’s disease: Does physical capacity moderate the relationship between walking amount and falls rates?. J Parkinsons Dis. 2026;  doi : 10.1177/1877718X261418987

Résumé :

Cet article est une étude prospective longitudinale qui examine la relation entre quantité de marche et risque de chutes chez des patients parkinsoniens à un stade précoce.

Sur 121 patients initialement recrutés dans la cohorte ICICLE-Gait, 84 ont été inclus dans l’analyse finale, après exclusion de ceux sans suivi complet ou sans enregistrement d’activité valide. Les participants ont été suivis en moyenne pendant 32 mois, avec un recueil prospectif des chutes via des agendas mensuels et une mesure objective du nombre de pas quotidiens par capteur d’activité. Les patients ont été stratifiés selon leur capacité physique, estimée par la vitesse de marche : 63 patients (75 %) présentaient une capacité élevée (≥1 m/s) et 21 (25 %) une capacité modérée (<1 m/s).

Le résultat principal montre qu’il n’existe pas d’effet linéaire simple du nombre de pas sur le risque de chute, mais une interaction significative entre marche et capacité physique. Chez les patients à capacité élevée, une augmentation de 1000 pas par jour est associée à une diminution relative du taux de chutes, tandis que chez ceux à capacité modérée, elle est associée à une tendance à l’augmentation du risque.

Plus de la moitié des patients (56 %) ont présenté au moins une chute durant le suiviL’étude est méthodologiquement solide, mais reste limitée par un effectif modeste, notamment dans le groupe à capacité modérée (n=21). Néanmoins, le travail apporte une contribution conceptuelle importante en montrant que l’exposition au risque (marcher davantage) ne peut être interprétée indépendamment de la réserve fonctionnelle du patient.

 

Antenucci P, Gozzi A, Colucci F, Pes F, Capone JG, Scerrati A, et al. Risk-Benefit Considerations in Deep Brain Stimulation Discontinuation for Late-Stage Parkinson’s DiseaseMov Disord Clin Pract. 2026;  doi:10.1002/mdc3.70558

Résumé :

Cet article est une étude rétrospective monocentrique qui s’intéresse à la question de l’arrêt de la stimulation cérébrale profonde (STN-DBS) chez des patients parkinsoniens au stade tardif.

Sur 94 patients implantés et suivis dans le centre, 31 ont évolué vers un stade avancé, et 25 ont effectivement interrompu la stimulation, généralement au moment du remplacement de batterie. L’arrêt n’était donc pas brutal ni expérimental, mais intégré à une décision partagée tenant compte du bénéfice moteur résiduel, du profil non moteur, du risque chirurgical et du contexte global de soins. Après l’arrêt, l’évolution a été très hétérogène.

Quinze patients ont pu rester stables sous traitement médical optimal seul pendant au moins un an. En revanche, dix patients ont nécessité une reprise rapide d’une thérapie assistée, et cela dans un délai court : en moyenne 18 jours pour les six patients ayant nécessité un remplacement non programmé d’IPG, et environ 35 jours pour les quatre patients chez qui une LCIG a été introduite. Les raisons de reprise étaient cliniquement parlantes : aggravation subaiguë des symptômes akinéto-rigides non contrôlés par l’augmentation de la lévodopa, persistance d’un bénéfice moteur clair de la stimulation malgré des effets secondaires cognitifs ou psychiatriques de la dopathérapie, ou encore profil axial sévère avec dysphagie répondant mieux à une perfusion continue. 

Les auteurs ont cherché à identifier des facteurs prédictifs d’un arrêt « réussi ». Ils observent notamment que les patients restés stables avaient une durée moyenne de stimulation plus longue (12,3 ans contre 8,6 ans), avec un seuil proposé à 10,5 ans. Ce résultat est intéressant mais doit être interprété avec prudence, car il repose sur seulement 25 patients. Par ailleurs, la décision d’arrêt étant liée au contexte de remplacement de batterie, avec un mix médical, organisationnel, économique .

L'étude a l'avantage de démontrer que l’arrêt de la SCP en stade tardif n’est pas systématiquement délétère : il existe un sous-groupe de patients pouvant rester stables sous traitement oral seul. Elle souligne surtout l’importance d’une évaluation multidimensionnelle et d’une surveillance rapprochée dans les premières semaines suivant l’arrêt, période où se jouent les éventuelles décompensations.

Ristori Costa G, Ferreira Cavalcante LF, Massafelli Battistuta S, Makabe PF, Fanucci Bueno IS, Yuamoto B, Gonçalves Vilela FE, Giacon Meloni LG, de Faria DD, Anghinah R, Haddad Santos D.  The Effect of GLP-1RA on the Motor Function of Patients With Parkinson Disease: A Systematic Review and Meta-Analysis.
Neurology: Clinical Practice. 2025;15(6):e200548. doi:10.1212/CPJ.0000000000200548

Résumé :

Cet article présente une revue systématique et (ils parlent de méta-analyse de trois essais cliniques randomisés, n = 514 patients) évaluant les agonistes du récepteur du GLP-1 (GLP-1RA) — exénatide, lixisénatide et NLY01 — chez des patient·e·s atteint·e·s de maladie de Parkinson (MP). Ces molécules, initialement développées pour le diabète de type 2, ont montré des effets neuroprotecteurs potentiels dans les modèles animaux : réduction de l’inflammation, du stress oxydatif et amélioration de la signalisation insulinique cérébrale.

Les auteurs ont analysé l’effet de ces molécules sur la fonction motrice (score MDS-UPDRS part III) et sur les autres dimensions motrices et non motrices. Les résultats montrent l’absence d’amélioration significative de la fonction motrice par rapport au placebo (différence moyenne −0,90 ; IC 95 % −2,77 à 0,97 ; p = 0,34). Pire, un effet délétère modeste a été observé sur les activités motrices de la vie quotidienne (MDS-UPDRS part II). Aucune différence n’a été constatée sur les symptômes non moteurs (part I) ni sur les complications motrices (part IV).

Les analyses de sensibilité ont confirmé l’hétérogénéité élevée entre les études, notamment liée aux différences de stade de maladie, de durée de suivi et de formulation du GLP-1RA. Les auteurs concluent que, malgré un rationnel biologique solide et des données précliniques encourageantes, les GLP-1RA n’apportent pas de bénéfice moteur cliniquement significatif chez les patient·e·s parkinsonien·ne·s. Le papier rejette clairement la démonstration d’un effet neuroprotecteur clinique à ce stade.

Avenali M, Stocchi F, Zangaglia R, Tambasco N, D’Agostino A, Erro R, et al.; PARKNET Study Group.
Long-Term Motor and Cognitive Outcome of Deep Brain Stimulation in Patients With Parkinson Disease With a GBA1 Pathogenic Variant.
Neurology. 2025;104(6):e612–e623.
doi:10.1212/WNL.0000000000215604

Résumé :

Cette étude multicentrique italienne rétrospective (615 patients, 14 centres du réseau PARKNET) a comparé les effets à long terme de la stimulation cérébrale profonde (DBS) chez des patients porteurs de variants pathogènes du gène GBA1 (DBS-GBA-PD) versus non porteurs, ainsi qu’un groupe GBA-PD non opéré. Les patients GBA ont bénéficié d’une amélioration motrice significative et durable, comparable aux non porteurs, avec réduction du LEDD et amélioration de la qualité de vie. En revanche, la détérioration cognitive observée chez les porteurs de mutations GBA s’est révélée similaire entre opérés et non opérés, suggérant que le déclin est lié au génotype plutôt qu’à la chirurgie. Aucun effet délétère spécifique du DBS (STN ou GPi) n’a été mis en évidence sur la cognition.

 

Lecture critique :
Ce travail (niveau de preuve III) renforce l’idée que la DBS reste une option valable et sûre chez les patients GBA1+, à condition d’un suivi neurocognitif attentif. Les limites tiennent à son caractère rétrospectif, à la mesure cognitive unidimensionnelle (MDRS uniquement) et à l’absence de biomarqueurs d’évolution. L’intérêt du papier est majeur : il pondère la crainte d’un effet accélérateur de la DBS sur le déclin cognitif dans cette population génétique vulnérable (ce qui confirme un peu l’expérience lyonnaise).